Dix-sept heures de vol. C'est le tarif pour larguer la capitale britannique et débarquer en terre chilienne, à l'aéroport de Santiago. Une heure après avoir lâché la mare de taxis et attrapé un bus pour le centre-ville, j'ai posé mon sac dans une auberge du barrio brasil et remis la main sur Aoife, fraîchement arrivée de Valparaiso. Plutôt que de s'éterniser dans les parages, on a rapidement fourré les sacs dans un casier et mis le cap sur Bellavista, le quartier bohème de la capitale. On en a profité pour retrouver Andrea et s'attaquer à la Chascona, la barraque dézinguée de Pablo Neruda. Si Pablo avait pas le pied marin, il avait pour sûr la passion des rafiots. Résultat des courses, une bicoque à mi-chemin entre le chalutier et le bungalow quinze pièces. Une façon de voyager qui a tôt fait de nous rappeler qu'on devait aussi se dégoter un vol pour Puerto Montt, quelques centaines de kilomètres plus au sud. Le cours des billets étant aussi instable que le sous-sol, on s'est rabattus sur un bus pour Pucon avant de rentrer à l'auberge pour un barbecue monstre. Toujours sympa comparé aux plateaux Air France du déjeuner...




Le lendemain, on s'est mis en route vers le centre-ville et le mercado central histoire de s'enfiler un plateau de fruits de mer de derrière les fagots. Un plan parfait si les rabatteurs prenaient congé de temps en temps. Au lieu de ça, le harcèlement est tel qu'on a fini par mettre les voiles, plus degoûtés qu'autre chose. C'est donc pizza en main qu'on est partis vers le parc municipal et son petit promontoire, histoire de profiter de la vue sur les Andes. Les fruits de mer, on se les est finalement gardés pour la soirée, dans un petit resto du quartier de Providencia. Le tout sur un verre de pisco sour, la boisson nationale. Une mixture à base de liqueur de raisin, de jus citron et de blanc d'œuf. A boire rapido pour pas faire de jaloux...



Dans la série des trucs qui changent pas, il y a les bons vieux pilotes de coucous décrêpis. Immanquablement un ex-gars de l'armée russe, voire soviétique dans les coins sacrément paumés. L'idée de base est qu'un type qui pose un Tupolev sur la banquise peut poser n'importe quoi. Ca tombait plutôt bien, Vietnam Airlines nous avait dégoté un Fokker de derrière les fagots pour nous ramener à Saigon. Une dernière virée en ville avant de mettre les voiles vers l'Indonésie...





Pourrir la bagnole avec des durians ça va cinq minutes, le tout c'est de pas oublier qu'on est là pour déterminer la production de café. Le gouvernement fournit les chiffres pour la surface cultivée, reste donc plus qu'à estimer le tonnage à l'hectare. Et pour ça on a une méthode béton: crapahuter trois semaines sur les hauts plateaux. Stats obligent, c'est dans les 400 plantations qu'il va falloir visiter. On pourrait compter les cerises sur les arbres, mais là franchement on serait pas couchés. Alors à la place, on va estimer ça a vue d'œil, méthode hautement scientifique s'il en est. Pour être sûr de pas se planter, on vérifie les résultats une ou deux fois par jour. Rien de bien compliqué, suffit de se mettre dans les bottes d'un planteur et commencer la récolte. Si tout va bien, le volume estimé correspond au volume récolté...





